En
entrée ce vendredi 21 avril, l’affaire du contrôle positif à la cocaïne du
chauffeur du bus scolaire ?
Rien
de bien grave, juste « un regrettable incident » avance Jean PLENAT qui se
ravise rapidement, sans doute conscient de l’énormité du propos. Et comme si ça
ne suffisait pas, il rajoute une couche quelques minutes plus tard en osant la
comparaison : « Qui n’a pas un jour pris le volant après avoir bu deux
bières ? »
En
une phrase, quarante ans de prévention routière réduits à néant par un
claquement de langue municipale.
Pas
d’annonce publique, encore moins de remise en cause. On attendrait les
sanctions édictées par le Centre de gestion et la fin de l’enquête !
Mais
quelle enquête ?
le fautif n’a-t-il pas été condamné en comparution immédiate ?
Le
maire était informé depuis plusieurs mois des addictions de son agent mais n’a
jamais jugé utile d’agir ? En réponse, un grand coup de menton et une
provocation : « Dénoncez-moi au procureur ! ». Très bien, c’est noté.
On s'attendait à une plainte en diffamation de sa part ! Curieux...
Comptes
publics et règlements de comptes personnels
Le
conseil était convoqué pour parler budget 2025. Dans les faits, le maire a
monopolisé la moitié du temps pour régler ses comptes… personnels.
Son
obsession ? Bouchard, Leclercq et Pilato : Des gens à qui, comme pour les
lépreux, il aimerait bien mettre une crécelle pour déambuler sur les plages !
Leur
crime
?
Envoyer
une demi-douzaine de demandes d'information par an qui occuperaient au moins
une personne à mi-temps ! On comprend mieux maintenant pourquoi les effectifs
sont passés en dix ans de 23/25 agents à plus de 40. À ce rythme-là, il va
bientôt falloir un chargé de mission pour imprimer les organigrammes.
Transparence
financière : Jean Plénat a de bonnes raisons de verrouiller
Alors
que la sous-préfète en est déjà à son deuxième rappel à la loi, le maire refuse
obstinément de transmettre les documents comptables. Et on comprend pourquoi.
Jugez plutôt : en fouillant un peu, on tomberait sur un communiqué de presse
rédigé par l’avocate Me BAUDUCCO pour justifier les ennuis judiciaires d’une
élue. Prix du roman judiciaire ? 1 440 €. A faire pâlir de jalousie Havas ou
Publicis !
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Autre
trouvaille qui mérite une standing ovation, l’appel d’un détective privé «
CASERIO Assistance Conseil », spécialiste de la filoche pour les divorces.
Un
détective privé, payé avec de l’argent public, pour surveiller… on ne sait qui
ou quoi. Dans
une commune où tout le monde est déjà au courant de tout, même avant que ça se
passe, il fallait oser.
2024, un grand cru pour le cabinet BAUDUCCO,
60
000 euros sur un total d’honoraires de 117 000€.
À
ce prix, pourquoi ne pas l’installer dans la mairie à gérer les délibérations,
corriger les fautes d’orthographe et faire les comptes-rendus en alexandrins.
Des
charges qui explosent, des conseillers muets
Ils
étaient donc 9 ou plutôt, comme le dirait Pierre Desproges, 9 ‘’chaises avec des
gens assis dessus…’’ autour du maire pour le vote du budget 2025 et du
Compte financier 2024.
Personne n’a bougé, pas une question, pas un froncement
de sourcil, un moment messianique juste troublé par LE vote unanime.
Pourtant
les dépenses ont encore bondi
De
plus de 10%. En 4 ans, les charges de personnel sont, elles, passées de 1,22
million à 1,89 million d’euros et le nombre d’agents de 30 à plus de 40.
Qui
recrute ? Pourquoi ? Mystère.
Même
des agents municipaux s’étonnent que certains collègues soient « payés à gêner
les autres ».
Pendant
ce temps, les impôts locaux montent et bouchent les trous : plus de 600 000€ en
deux ans, grâce essentiellement à la hausse de la taxe d’habitation. Merci, les
résidents secondaires. Sans eux, on serait à la limite de la déroute.
La
trésorerie dévisse.
Le
maire a dû convoquer d’urgence un nouveau conseil pour ouvrir une ligne de
crédit de 500 000 €. Les conseillers ont voté pour, comme un seul homme.
Naguère
la commune avait jusqu’à plus d’un million d’euros de trésorerie, elle doit
aujourd’hui quémander aux banques un peu de sous pour payer les salaires.
Comment
est dépensé votre argent ? On commence à comprendre. Il n’y a plus d’adjudant à
la septième compagnie !
Quand
la DGS fait son marché, ça coûte une blinde
Saison
après saison, les factures gonflent. Pas les scrupules.
Entre
coups de balai et coups de canif dans le Code de la commande publique, la
mairie semble avoir trouvé la recette : un zeste de favoritisme, une louche de
saucissonnage, un gros couvercle sur la transparence. Et surtout, une DGS
(Directrice Générale des Services) qui fait ses emplettes comme à Carrefour un
dimanche soir : à l’arrache, sans ticket de caisse, et toujours au-dessus du
budget.
La légalité ? C’est pour les nuls. Exemple, le marché des plages. C’est
un peu compliqué mais savoureux.
2022,
on jardine les plages
Avant,
c’était simple. CLARISSE Environnement, entreprise d’insertion, nettoyait les
plages pour 39 000 euros. Pas cher, efficace, solidaire.
Toujours en 2022, changement de casting.
C’est
‘’Bibil Jardins’’, une entreprise locale du Rayol, qui prend la relève.
Tout
va bien, le boulot est fait, le devis est à 55 000 euros. Bon, ça dépasse le
seuil de 40 000 euros HT seuil à partir duquel il faut organiser un marché
public, dit MAPA, qui permet la plus large concurrence. Mais paraît-il, ils
n’avaient matériellement plus le temps !
2023,
‘’Bibil Jardins’’ se fait dégager sans préavis.
Officiellement
? Une sombre histoire de carte grise et de contrôle technique "pas
valables". En creusant un peu – oui, on a vérifié – tout était
parfaitement en règle. Mais bon, il fallait bien un prétexte, même bancal, pour
évincer ‘’Bibil Jardins’’ et faire de la place à un petit nouveau : PROPOLIS,
filiale du groupe PIZZORNO. Un peu comme quand on accuse le chat d’avoir mangé
le gâteau juste pour pouvoir le finir tranquille.
Le
contrat est de 66 344 euros HT pour le nettoiement des plages.
L’entreprise
était un peu plus chère que sa concurrente, MADALINA-nettoyage (la société
chargée de faire le ménage dans les locaux municipaux).
Cet
autoentrepreneur est écarté, jugé trop fragile. Mais alors pourquoi l’avoir
consulté, interrogera le benêt ? Un faux-nez répondront les méchantes langues.
C’était
sans compter sur un petit curieux,
Qui découvre qu’en douce, un deuxième contrat
pour l’entretien des toilettes publiques a aussi été confié à PROPOLIS.
Montant
? 44 229 €. Donc
au total, 110 573 €. Oups ! Et toujours sans mise en concurrence.
La
DGS, Madame MEUNIER, explique que ce n’était pas nécessaire, qu’il s’agissait
de trois prestations distinctes, toutes en dessous (ou presque) du seuil de 40
000 euros HT. On appelle ça : saucissonner !
Trois
devis distincts ? Scindés après les questions intrusives du petit curieux, d’où
ce festival de créativité contractuelle.
2024
: Un festival à plus de 160 000 euros !
Au
départ, on y a cru. Vraiment. La mairie décide début 2024 de faire les choses
dans les règles ; En janvier, elle lance un marché public pour l’ensemble des
prestations. Propre, net, administratif. On est prêt à sortir les cotillons, on applaudit.
Mais…
petit souci : un seul candidat se présente. Et pas n’importe qui : PROPOLIS
(encore eux !).
Problème :
Un devis à plus de 170 000 € TTC
La
belle mécanique déraille. Panique à bord, on annule tout et on se met à
consulter au feeling. Genre casting sauvage.
Au
menu, MADALINA, déjà connue, et un nouveau, sorti de nulle part : TERIDEAL, une
boîte parisienne avec une filiale dans les Alpes-Maritimes. À croire qu’ils ont
été tirés au sort lors d’un loto des marchés publics.
Nettoyage
express… et gymnastique budgétaire
Pour
MADALINA, c’est simple : elle récupère le nettoyage des sanitaires. Moins chère
que PROPOLIS, rien à dire.
Pour
TERIDEAL, c’est un peu plus… acrobatique. Les délais sont trop courts pour
démarrer à temps. Idée lumineuse : on propose à PROPOLIS d’assurer les trois
premiers mois, avant que TERIDEAL n’entre en scène en juillet.
Mais
attention, on est à RAYOLWOOD il faut de l’intrigue
Le
contrat de PROPOLIS s’arrête pile au 23 juin, celui de TERIDEAL commence le 1er
juillet. Et au milieu ? Bah… personne.
La
semaine du 24 au 30 juin, c’est le triangle des Bermudes. Les services de la
mairie ont demandé à PROPOLIS de ne pas la faire, histoire de ne pas dépasser
le seuil magique des 40 000 €.
Et
pendant ce temps-là,
La
mairie signe tranquillou un contrat de 70 000 € avec TERIDEAL, alors qu’elle
est… plus chère que PROPOLIS. 652€ par jour contre 561 €. Allez comprendre.
Make
a public market... plouf again !
Résultat, TERIDEAL +MADALINA + PROPOLIS, il en coûte à la mairie, donc à vous à nous,
pauvres contribuables,164 314€ TTC pour la saison.
En
résumé ? Trois saisons magiques.
On
coche toutes les cases : violation répétée des règles de la commande publique,
soupçons de favoritisme, saucissonnage à volonté, et en bonus, des documents
qu’on aurait apparemment datés avec une machine à remonter le temps – ou à
bidouiller les PDF.
Bref,
un joli bingo de l’illégalité. Il ne manque plus que un lâcher de Sopalin pour fêter ça…
et la curiosité d’un procureur.
Et
le maire, dans tout ça ?
C’est
la grande énigme de cette affaire : Jean PLENAT est plus insaisissable qu’un
jour de soleil en novembre.
Une
constante saute pourtant aux yeux
Dans
la paperasse municipale les contrats sont systématiquement signés par une
formule mystérieuse, « pour le maire empêché ».
Traduction
: le maire n’est pas là. Mais en droit, cette mention n’est pas une formule
magique. Elle ne peut être accordée qu’à un adjoint, par délibération du
conseil municipal, que si le maire est gravement malade, en incapacité totale
d’exercer sa fonction, en cavale… ou mort.
Or,
à notre connaissance (On n’a peut-être pas toutes les infos …) Jean PLENAT
n’est ni hospitalisé, ni recherché par Interpol, ni enterré.
Ça
ressemble à une jolie pirouette mais c’est totalement illégal...
A
la septième compagnie, ils se sont pris pour des génies, mais non, ils ont
juste redéfini la connerie administrative qui donne envie de monter une
cagnotte pour qu’ils arrêtent de nous donner des leçons !
Moralité
Quand
les règles de la commande publique deviennent optionnelles et que les contrats
se signent au feeling, ce n’est plus de la gestion, c’est quasiment de la
fiction. Et pendant que certains se croient dans une série Netflix version
mairie, on oublie que c’est le citoyen qui paie l’abonnement.
A
part ça ? Tout va merveilleusement mal !
Comme
dit le caricaturiste Alberto Brito (Canard 16/4/2025)
On vit une époque
formidable !
Allez,
il reste 12 mois à tirer. Courage !
Rédacteurs : J.
BOUCHARD - J. LECLERCQ - B. PILATO - Mise en page : E.
DOUAILIN
Mél : contact@goodmorningrayol.fr